Liste des ateliers




AFFRONTER L’ANCIEN / FACING THE OLD

EARLY MODERN CONSTRUCTIONS OF EUROPE

The early modern period is a time of momentous developments for the European realm, not least with regard to state formation and the fashioning of collective identities. In this context, the question after the relationship between the European continent and its literary representations may be fruitfully asked: how was ‘Europe’ imagined, how did the idea of Europe feature in cultural negotiations of collective identities? How did it develop, in the early modern period, from a notion broadly identical with the medieval communitas Christiana to the political, legal, social, economic construct of our day? To a degree, asking questions of this kind means to consider the relationship between Europe as a geographical region and as an imagined entity in terms usually reserved for the relationship between Europe and the Orient: if “European culture gained in strength and identity by setting itself off against the [‘imagined’] Orient as a sort of surrogate and even underground self”, as Edward Said stipulated in Orientalism (1978), might not the same be true, mutatis mutandis, of the relationship between Europe and its aesthetic representations? On the one hand, the influence of ‘non-European others’ in the age of expansion must be attended to in terms of the effect they had on European self-perceptions; on the other hand, the differentiations between different ‘national’ and ‘European’ identities must similarly be examined for their causes, forms, and functions. Specifically, the panel invites speakers to analyse the causes, forms, and functions of constructions of Europe in early modern literature and culture from 1400 to 1700. ‘Literature’, in this context, is used in its widest sense, referring not only to plays, poems, and narrative fiction, but also to writings on theology, cartography, history, law, natural philosophy, as well as news reports, travelogues, and political polemics. Phenomena creating a sense of coherence that resonate with present-day conceptions of Europe might include discourses on religion and confessions, humanism, neo-Platonism, scepticism, and law (e.g., international treaties), but also more strictly literary topoi, genres, and rhetorical modes that create a sense of belonging to a specifically ‘European’s recipient community (along the lines suggested by E.R. Curtius). Among the particular dimensions of early modern ‘European-ness’ that might be examined are the notion of shared roots in classical antiquity, the idea of the communitas Christiana, the concept of ‘civility’, and the supposed threat from cultural and religious forces from outside. We propose to examine the discursive contexts in which various constructions of Europe do, and do not, arise; to ask what other concepts they attach to; and to question what they are used for. In which contexts are conceptions of Europe invoked? What is their agenda, and how do they present their content? What is their bearing on, and grounding in, historically variable collective self-perceptions within individual national traditions? What are geographical, but also discursive, constants and points of reference, and which aspects are variable?   

 

COMPARATIVE EARLY MODERNITIES

There has been considerable debate in recent years over the usefulness of "early modern" as an historical category outside of the European context. This seminar will feature papers that explore the possibilities and challenges associated with comparative approaches to the literature of early modern Eurasia (ca 1500-1800). What, if anything, can be learned by reading Chinese fiction (or works of any other genre) alongside commensurable works produced in Europe in roughly the same period? What are the potential pitfalls of such an approach, and what new methodological tools are needed to overcome them? 

 

LA LITTERATURE COMPAREE-PERIODES ANCIENNES (LCPA) :

BILANS, ENJEUX, METHODES 

Atelier en partenariat avec le CERC (Paris 3 - Sorbonne nouvelle) et le CRLC (Paris Sorbonne - Paris 4).  L’étude des périodes anciennes (de l’Antiquité au dix-huitième siècle) semble appeler naturellement une approche comparatiste. Le caractère transnational de certains corpus anciens européens (gréco-latin, médiéval, humaniste, « baroque », pour ne citer que les exemples les plus évidents) sauté aux yeux. L’altérité de l’ancien, comme paradigme de la différence culturelle, est apparue depuis longtemps (en témoigne la querelle des Anciens et des Modernes. Voir Larry Norman The Shock of the Ancient, University of Chicago Press, 2010). Pourtant, l’étude des périodes anciennes, dans le cadre de la littérature comparée actuelle, est actuellement très minoritaire. Malgré de très grands précurseurs (Curtius, Etiemble, Auerbach), l’ouverture de la discipline aux littératures du monde, qui s’est accentuée dans les dix dernières années, s’est produite au détriment de l’étude des corpus anciens et d’une perspective diachronique. Les raisons de cette évolution sont multiples. Tout d’abord, l’opportunité de s’adresser à une communauté académique pluriculturelle (de collègues comme d’étudiants) rend difficile la présentation d’oeuvres doublement étrangères, par leur distance dans le temps et dans l’espace. La méconnaissance à l’égard des contextes anciens (surtout s’ils appartiennent à des cultures éloignées) diminue l’intérêt et fait obstacle à l’interprétation. En outre, la littérature comparée-périodes anciennes concerne souvent l’Europe, en privilégiant de grandes oeuvres du canon littéraire, longtemps considérées comme ayant une portée universelle (See D. Damrosh, « World Literature in A Postcanonical Hypercanonical Age », Comparative Literature in an Age of Globalization, The American Comparative Literature Association report on the State of the Discipline, 2004, éd. H. Saussy, Hohns Hopkins UP, 2006, p. 43-53). Cette assurance est désormais battue en brèche. La volonté récemment affirmée de « provincialiser l’Europe » (D. Chakrabarty, 2000) ne favorise pas l’extension, ni même la préservation de la connaissance sur cette aire culturelle. Il faut aussi souligner l’articulation étroite du comparatisme, en particulier américain (du nord et du sud) aux enjeux politiques contemporains. La politisation de la discipline, évidente avec la domination des « gender studies » et des études post-coloniales, incite à privilégier la confrontation d’oeuvres du vingtième et du vingt-et-unième siècle, même si elle a aussi entrainé un renouvellement du champ des « classics » (voir par exemple, pour la France, le travail du groupe effigies http://efigies-antiquite.perso.neuf.fr/). Dans la perspective des « gender studies », beaucoup de chercheurs se sont penchés sur les périodes anciennes (en particulier les seizième et dix-septième siècles), mais en se restreignant le plus souvent à une optique monoculturelle et en privilégiant la littérature anglaise. Le « New Historicism » a également été un facteur de renouvellement des études sur les périodes anciennes mais, axé sur la contextualisation, ce courant a surtout encouragé des études monoculturelles. En ce qui concerne les « post-colonial studies », la situation est très contrastée entre les Etats-Unis et la France. L’intéressant bilan publié à ce propos dans la collection Poétiques comparatistes, par Yves Clavaron (« Etudes post-coloniales », 2011), ne comporte pas une seule étude, ni parmi celles qui sont réunies dans le volume, ni dans la bibliographie critique, qui concerne les périodes anciennes. Pourtant, aux Etats-Unis, l’explosion des études « PoCo » (Post-colonial) a aussi concerné le domaine médiéval (Simon Guant, en 2009, recense pas moins de 9 ouvrages récents sur le sujet), même si la difficulté de concilier ce (relatif) engouement académique avec la disparition assez générale des compétences en latin, en épigraphie et en philologie est soulignée (« Can be Middle Age be Postcolonial ? », Comparative Literature, 61 :2). La diversité et la difficulté des savoirs que requiert le comparatisme sur les périodes anciennes est en effet la cause première de sa position difficile. Du point de vue des spécialistes d’une seule période et d’un seul pays, il est d’ailleurs facile d’attaquer les comparatistes sur ce terrain (ils seront toujours, sur tel ou tel point, plus savants qu’eux ! – du moins le pensent-ils). De plus, les spécialistes d’un seul pays sont encore souvent les gardiens de la littérature nationale comme monument. Pour en rester à l’Europe (qui n’a cependant absolument pas le privilège du chauvinisme), « Le siècle d’or », « Le siècle élisabéthain », « l’âge classique » restent souvent dotés d’une puissance d’attraction qui décourage la comparaison. Dans ce workshop, nous proposons de réfléchir à ce phénomène ainsi qu’aux moyens, dans le mesure du possible, de l’enrayer. Nous proposons d’y contribuer en essayant de fédérer les forces, au niveau mondial, en Littérature comparée-périodes anciennes (LCPA). Nous souhaitons aussi que les chercheurs accroissent leur visibilité dans ce domaine, en multipliant les échanges et en menant une réflexion collective sur leur discipline. Deux angles d’approche sont possibles.I- Nous souhaiterions d’abord procéder à un état des lieux, grâce à des contributions de collègues européens et surtout extra-européens. La LCPA est-elle représentée dans la recherche (voire l’enseignement) en Asie, en Orient, dans les Amériques, etc ? Dans quelle proportion ? Quelles sont les périodes, les aires culturelles privilégiées, et pourquoi, selon quels présupposés ? Est-ce que l’on procède plus volontiers à de vastes panoramas diachroniques ou à des coupes synchroniques ? Y a-t-il des oeuvres critiques marquantes dans ce domaine ?II- Nous voudrions faire émerger une réflexion collective sur la LCPA, en faisant l’hypothèse qu’il s’agit d’un objet spécifique, nécessitant comme tel une approche particulière Les axes (non exhaustifs) de la réflexion que nous proposons sont les suivants : 1) L’aire de la LCPA. La littérature comparée-périodes anciennes est actuellement plus représentée en Europe qu’ailleurs (sous réserve d’inventaire). Quelles sont les raisons de cette situation et peut-elle être corrigée, infléchie ? Comment développer, et sous quelle forme, l’ouverture de la LCPA 1) aux cultures minoritaires européennes du passé : le multiculturalisme du continent européen par la présence des communautés juives et arabes n’est pas à démontrer, mais est-il suffisamment pris en compte et exploité ? 2) aux cultures non-européennes. Ce n’est pas seulement des études centrées sur la relation entre l’Europe et d’autres aires culturelles qu’il faut faire entrer plus centralement dans le champ de notre réflexion, mais aussi celles qui mettent en relation entre elles des aires culturelles non européennes. 2) La littérature comparée-périodes anciennes (LCPA) comme objet. Sa particularité est de combiner distance culturelle et distance historique. La tradition herméneutique (de Schleiermacher à Gadamer) est inséparable de la mesure de la distance historique, qu’il s’agisse de la réduire ou au contraire de la prendre en compte dans le processus d’interprétation lui-même. Mais l’herméneutique traditionnelle ne pense pas la distance culturelle, si ce n’est à travers la traduction. Peut-on assimiler distance historique et distance culturelle? Il s’agit pour les comparatistes de prendre pour objet la distance historique, qui a toujours été (ou aurait dû être) à l’horizon de notre pensée. 3)
La LCPA et la question de la/des méthode/s. On peut rapidement identifier trois visées différentes à l’égard des corpus anciens, impliquant des méthodes différentes. Le chercheur peut en effet procéder à : a) Une exhumation. Il essaiera alors, comme le propose Jean Bollack, de restituer les oeuvres dans leur contexte précis, de dégager leur signification originelle en identifiant et en écartant toutes les couches interprétatives qui se sont déposées sur l’oeuvre au cours du temps. Cette démarche est comparatiste dans la mesure où il s’agit d’une étude de réception, susceptible de mettre à jour l’influence de cultures différentes dans les façons de comprendre une oeuvre au fil du temps. b) Une défamiliarisation. Il s’agit alors de démythifier des oeuvres-monuments en les mettant en perspective avec d’autres ; de faire apparaître des aspects jusques là minorés ou passés inaperçus d’un corpus national par sa mise en relation avec des textes et des traditions étrangères. C’est aussi un contexte culturel supposé connu qui apparaît sous un tout autre jour, par la découverte et la mise en relation d’artefacts jusqu’ici oubliés ou isolés. De même, l’appropriation d’oeuvres fondatrices dans des cultures non européennes (celle d’Homère par exemple) les fait voir sous un angle nouveau. La récupération, parodique ou non, du corpus antique, considéré comme fondateur de l’Europe, par des cultures non-européennes, ouvre également des perspectives particulièrement intéressantes dans une optique postcoloniale. Cette démarche heuristique, qui procède à l’éloignement des objets (illusoirement considérés comme culturellement proches et directement accessibles) a une portée réflexive tout en privilégiant la connaissance de l’objet.c) Une actualisation. Le chercheur lit les textes anciens à travers ses propres intérêts et des problématiques contemporaines avec des textes anciens. On pourra discuter, compléter, reformuler cette nomenclature minimale ; on pourra donner des exemples qui illustrent tout particulièrement l’opérativité de telle ou telle approche. On pourra aussi en soulever les limites, les problèmes conceptuels, en évaluer la pertinence et l’actualité. 4) La LCPA comme champ d’expérimentation des outils critiques. Les corpus anciens, multiculturels et plurilingues donnent l’occasion de mettre à l’épreuve les théories et les concepts contemporains (comme celle de « personnage », ou de « fiction »; voir à ce propos Fictions et cultures, F. Lavocat et Anne Duprat, Poétiques comparatistes, 2010). ». Ce type de questionnement peut-être posé à partir des principaux outils critiques utilisés aujourd’hui. La démarche « actualisante », dans cette perspective, est adoptée à titre expérimental. L’anachronisme assumé et volontaire est alors au centre de la réflexion. La question de la légitimité de l’application de telle ou telle perspective (en particulier celle des « gender studies » ou ses études postcoloniales et, bien avant, la psychanalyse) a été beaucoup discutée. On tentera cependant d’apporter au débat quelques éléments nouveaux, ou d’en faire à nouveaux frais le descriptif, l’historique et la critique. La LCPA permet ainsi de questionner le comparatisme lui-même : la distance temporelle met crument en évidence le choix herméneutique qui consiste à mettre en relation certains artefacts culturels avec d’autres. En effet, si le contexte contemporain globalisé facilite la comparaison, il n’est est pas de même dans les périodes anciennes : avant le dix-neuvième siècle, il n’existe nullement, par exemple, de formes romanesques ou théâtrales familières au monde entier. La « raison » de la comparaison se pose de façon d’autant plus cruciale que l’on abandonne l’Europe comme cadre unique de la recherché, et qu’aucune influence ne peut venir la justifier. Sur quoi repose, en effet, la comparaison, lorsque l’on constate, par exemple, des analogies importantes (thématiques ou formelles) entre le théâtre et le roman chinois et européens des dix-septième et des dix-huitième siècles ? À quel niveau fait-on reposer la « comparabilité », sur quoi se fonde-t-elle ? Présuppose-t-on des invariants et concernent-ils le contexte ? La structure de l’oeuvre ? Le genre littéraire ou sexué ? L’inconscient ou la cognition?
C’est donc bien à un questionnement anthropologique et poétique fondamental, ainsi qu’à une approche réflexive de notre discipline que nous invite tout particulièrement la littérature comparée-périodes anciennes.

Pre-19th century CompLit:
Overviews, issues and methods Group section open to individual proposal and co organised by CERC (Paris 3 - Sorbonne nouvelle) et le CRLC (Paris Sorbonne - Paris 4)
The study of early periods (from Antiquity to the eighteenth century) seems to naturally lend itself to a comparative approach. The trans-national nature of certain early European corpora (Greco-Latin, medieval, humanist, baroque, to cite only the most obvious examples), is particularly striking. The otherness of the ancient as a paradigm of cultural difference has been apparent for some time. Proof of this would be the Quarrel of the Ancients and the Moderns. See also Larry Norman (The Shock of the Ancient, University of Chicago Press, 2010). However, employing the framework of current comparative literature in the study of early periods is currently very much a minority approach. Despite very significant precursors (Curtius, Etiemble), the broadening of this discipline in the last ten years to include the study of world literatures has occurred to the detriment of the study of early corpora and diachronic perspectives. The reasons for this evolution are numerous. Firstly, the opportunity to address a pluricultural academic community (of both colleagues and students) complicates the presentation of works that are doubly foreign; both temporally and spatially. Unawareness of ancient contexts (particularly those pertaining to distant cultures) diminishes interest in the object and forms an obstacle to interpretation. Furthermore, Pre-19th century CompLit often focuses on Europe, giving precedence to great works of the literary canon, which have been seen as universally significant for a long time (See D. Damrosh, «World Literature in A Postcanonical Hypercanonical Age », Comparative Literature in an Age of Globalization, The American Comparative Literature Association report on the State of the Discipline, 2004, ed. H. Saussy, Hohns Hopkins UP, 2006, pp. 43-53. This assurance has recently taken a beating. The recently affirmed desire to ‘provincialise’ Europe (D. Chakrabarty, 2000) favours neither the extension, nor even the preservation of our knowledge of this cultural sphere. The close connection between comparatism, especially (North and South) American comparatism, and contemporary political issues must be highlighted. The politicisation of the discipline, which is evident in the domination of gender studies and post-colonial studies, has meant that works from the twentieth and twenty first centuries tend to be the object of comparison, even though this politicisation has also brought about a renewal of the field of Classics (consider in France for example the work of the EFiGiES group http://efigies-antiquite.perso.neuf.fr/). In gender studies, many researchers have moved towards early periods (particularly the sixteenth and seventeenth centuries), although still they mainly limit themselves to a monocultural standpoint and focus on English literature. New Historicism has also proved to be a renewing force in studies of ancient and early periods, but, as it is largely focused on contextualisation, this current has mainly encouraged monocultural studies. With regards to postcolonial studies, the situation differs greatly between America and France. The interesting overview of this subject by Yves Clavaron in the collection Poétiques comparatistes ((Etudes post-coloniales, 2011) does not comprise a full study, nor is one such study present among the texts collected in this volume, nor in the critical bibliography, which is about ancient and early periods. However, in America, the explosion of “PoCo” (Post-colonial) studies has also reached the medieval domain (in 2009 Simon Guant counted no fewer than 9 recent works on the subject), although he also underlines the difficulty of reconciling this (relative) academic passion with the fairly generalised disappearance of competence in Latin, epigraphy and philology (“Can be Middle Age be Postcolonial?”, Comparative Literature 61 :2). The diversity and difficulty of the skills required for comparatism in early periods is indeed the primary cause of its challenging position. For those who are specialised in only one period and only one country, it is easy to criticise the comparatists on this point (the specialists will always be more knowledgeable than them on one point or another! Or so they think). Furthermore, those specialised in one country are often the guardians of a national literature’s status as a monument. Still in Europe (which is, however, not alone in chauvinism), the Golden Age, the Elizabethan era and the Classical Age are still seen as sufficiently attractive to discourage comparison. In this workshop we propose to consider both this phenomenon and the means of curbing it where possible. We propose to contribute to the phenomenon by globally uniting forces in Pre-19th century CompLit. We also want researchers to enhance their visibility in this domain, by increasing exchanges between them and by managing a collective reflection upon their discipline. Two means of approaching this are possible.
I- We would initially like to carry out an overview of the current state of affairs, through contributions from both uropean and especially extra-European colleagues. Is Pre-19th century CompLit represented in research (or even teaching) in Asia, the East, Africa, the Americas, etc? To what extent? Which periods and cultural spheres are favoured, and why, according to which presuppositions? Are we more likely to study vast diachronic panoramas or synchronic profiles? Are there significant critical works in this domain?
II- We would like to instigate a collective study of Pre-19th century CompLit by considering it as a specific field of study, which as such requires a unique approach (this presupposition can of course be challenged). The axes of study we propose include, but are not limited to, the following: 1) The reach of Pre-19th century CompLit. Pre-19th century CompLit is currently more represented in Europe than elsewhere (although this observation is subject to more thorough investigation). What are the reasons for this situation and can it be corrected, or at least softened? How and in what form can we increase the openness of Pre-19th century CompLit to 1) minority European cultures from the past : the effect of Jewish and Arab communities on European continent’s multiculturalism has been clearly demonstrated, but has it been sufficiently considered and taken into account? 2) Non-European cultures. It is not only studies into the relationship between Europe and other cultural spheres which need to be given more consideration, but also those that draw together non-European cultural spheres.
2) Pre-19th century CompLit as an object of study. This field’s unique aspect is that it combines both cultural distance and historical distance. The hermeneutic tradition (from Schleiermacher to Gadamer) is inseparable from the measurement of historical distance, be it a question of reducing it or, conversely, taking it into consideration in the process of interpretation itself. But traditional hermeneutics do not consider cultural distance, aside from in translation. Can we assimilate historical distance and cultural difference? For comparatists, it is a question focussing on historical distance, which has always been (or should always have been) at the horizon of our thinking. 3) Pre-19th century CompLit and the question of method(/s). Three different goals in the study of early corpora can rapidly be identified, each implying different methods. The research can undertake: 1) An exhumation. The researcher in this scenario will try, as Jean Bollacks suggests, to reconstruct the works in their particular context, to extrapolate their original meaning by identifying and drawing out all the interpretative layers which have accumulated over the work through time. This process is comparative in as much as it involves a study of reception, which may provide an up-to-date account of the influence of different cultures upon ways of understanding a work through time. 2) Defamiliarisation. This involves demystifying works hitherto considered “monumental” by putting them into perspective alongside other works; positioning a national corpus in relation to foreign texts and traditions to allow aspects of that corpus which had been sidelined or unnoticed to come to the fore. Additionally, a “familiar” cultural context can be seen in a wholly new light thanks to the discovery and situating of artefacts that were previously forgotten or isolated. The appropriation of foundational works in non-European cultures allows them to be seen in a new way. Whether parodic or not, the reclamation of certain early corpora (which are considered foundational within Europe) by non-European cultures offers particularly interesting perspectives from a post-colonial viewpoint. This heuristic undertaking, which leads to the distancing of objects (which sometimes give the illusion of being culturally similar and directly accessible), has a reflexive significance, while still privileging knowledge of the object. 3) Updating. The researcher reads early texts through the lens of his or her own interests and also approaches contemporary problematics with early texts. We will be able to discuss, complete and reformulate this minimal nomenclature; we will be able to provide examples which illustrate the utility of particular undertakings. We will also be able to consider the limits and conceptual problems of particular methods and evaluate the pertinence of current approaches. 4) Pre-19th century CompLit as a testing ground for critical tools. Ancient, multicultural and multilingual corpora provide the opportunity to test contemporary theories and concepts (such as post-colonial concepts and equally more local concepts, such as those of “character” or “fiction”, see Fictions et cultures, F. Lavocat et Anne Duprat, Poétiques comparatistes, 2010). The main critical tools of today can also be used to ask these kinds of questions. The “updating” aspect, in this perspective, is applied experimentally. The assumed and intentional anachronism is as such at the centre of the reflection. The question of the legitimacy of the application of a certain perspective (particularly gender studies or post-colonial studies, or, much earlier, psychoanalysis) has been discussed at length. We will however try to bring some new observations to the debate, or to trace its history and discuss it critically. Pre-19th century CompLit also gives us the opportunity to probe comparatism: temporal difference crudely illuminates the hermeneutic choice of positioning certain artefacts in relation to others. Indeed, if the contemporary, globalised context facilitates comparison, the same can not necessarily be said for early periods: before the nineteenth century there were barely any forms of novel or theatre, for example, which were common throughout the world. The “reason” for the comparison becomes all the more crucial if we no longer consider Europe to be a unique and unquestioned context for research. What exactly is comparison based upon if, for example, we observe significant thematic and formal analogies between Chinese and European novels and theatre in the seventeenth and eighteenth century? What level are we basing our comparisons on? Are we assuming the presence of invariables, and are they context based? Based on the structure of the work? The literary or sexual genre? The unconscious or cognition? Pre-19th century CompLit is therefore uniquely positioned to invite us to consider fundamental anthropological and poetic questions, as well as a reflexive approach to our discipline.

 

ANTIQUITY/MODERNITY:

A LABORATORY FOR COMPARATIVE STUDIES.


ANTIQUITE/MODERNITE :

UN LABORATOIRE DU COMPARATISME

Proposition for a seminar (Centre de Recherche en Littérature Comparée, Université Paris-Sorbonne and CRIMEL, Université de Reims)
Much of the reflection, which has been devoted to comparison, has emerged from the Classical Studies. First of all, because they imply to examine the « cultural transfers », which coincided with the translatio studiorum from Greece to Rome, and then from Rome to Constantinople. Second of all, because the study of classical texts and works entails a particular emphasis on questions of reception, translation, rewriting, and also, on what lies at stake from a poetical, aesthetical and political point of view. Therefore, it allows us, if not to model, at least to question comparison: from the Roman era and its practice of parallels between Greece and Rome (Quintilian, Plutarch) to the « quarrels » confronting the « ancient » and « modern » models of epics and theatre, from the 17th century to romanticism and the present time. This seminar, however, will not only deal with the relationship Europe and the Western world have with Greco-Roman Antiquity, but also with all the different kinds of relationships that can be established between the « ancient » or « classical » and the « modern », be it on the mode of a tradition which is claimed, or on that of a confrontation. As a matter of fact, within one givencultural tradition, we can question the relationship established with a culture one is coming from - or thinks one is coming from - and which, due to historical evolution, is eventually altered: thus, we encounter a particular type of alterity, which is at the same time inter-cultural and intra-cultural. But it can also be the case of the relationship which one culture has with other cultures’ past, be it near or far, particularly in colonial and postcolonial contexts: one may think, for instance, of the relationship which former colonies of Western nations have with Greco-Roman Antiquity, or conversely, the relationship that Western nations have with their former colonies’ past in India, Africa, etc. The seminar will deal with these issues mainly from a theoretical point of view. We shall examine the different theories concerning the proximity or the distance of the antique, which were produced and practiced throughout the ages and in different cultural traditions. We shall also study the modes of the comparison made between the antique and the modern, as well as its purposes (political, aesthetical, etc.): why does one refer to the antique, apart from the acknowledged aim to set the antique up as a model, or of disqualifying it as obsolete? We shall also need to compare the theoretical positions, thus implying two levels of comparison:
1) to study the modalities/purposes of the comparison between the antique and the modern,
2) to compare the theoretical cases between them.
Facing these theoretical reflections, and in order to evaluate their impact on practical reality, or on the contrary, the distance between theory and practice, the seminar will also consider, diachronically and until present time, the different ways in which antique culture and texts are to be found within works of literature: reconstitution/restoration, adaptation, transposition etc. Proposals are invited for individual 20-minute papers (in English or in French) on:
1) Classical Studies, a laboratory for comparative studies
2) Ancient/modern and theories of theatre
3) Ancient/modern and narrative theories (epics, novel, etc.)
4) Antiquity and its uses (theory and practice): women writing, gender studies, queer studies
5) Antiquity and its uses (theory and practice): postcolonial studies.
Proposition de séminaire (Centre de Recherche en Littérature Comparée, Paris-Sorbonne et CRIMEL, Université de Reims)
Les réflexions sur la comparaison se sont pour beaucoup développées au sein des Sciences de l’Antiquité. D’abord, parce qu’elles impliquent l’examen des « transferts culturels » que fut la translatio studiorum de la Grèce vers Rome, puis de Rome vers Constantinople. Ensuite, parce que les questions de réception, de traduction, de réécriture et leurs enjeux poétiques, esthétiques et politiques se posent avec un relief particulier dans le cas des textes et oeuvres antiques, permettant sinon de modéliser, du moins de mettre en question la comparaison : depuis l’époque romaine et sa pratique des parallèles entre la Grèce et Rome (Quintilien, Plutarque), jusqu’aux « querelles » confrontant des modèles « anciens » et « modernes » de l’épopée et du théâtre, du XVIIe siècle au romantisme et à nos jours. Ce séminaire ne s’attachera pas, toutefois, au seul rapport que l’Europe et l’Occident entretiennent avec l’Antiquité gréco-romaine, mais à toutes les mises en relation d’« anciens » ou de « classiques » par rapport à des « modernes », sur le mode d’une tradition revendiquée ou sur celui d’une confrontation. Si, en effet, l’on se situe au sein d’une même tradition culturelle, est en cause le rapport à la culture dont on émane ou croit émaner et qui, du fait de l’évolution historique, se retrouve autre, manifestant un type d’altérité spécifique, à la fois inter-culturelle et intra-culturelle. Mais il s’agit aussi du rapport qu’une culture entretient avec le passé d’autres cultures, voisines ou éloignées, particulièrement dans le contexte colonial et postcolonial : on pense en particulier au rapport que les anciennes colonies des nations occidentales entretiennent avec l’antiquité gréco-romaine, mais aussi, à l’inverse, à celui que les nations occidentales entretiennent avec le passé de leurs anciennes colonies, d’Inde, d’Afrique etc. Le séminaire abordera principalement cette question sur le plan théorique. Il s’agira d’examiner les différentes théories de la proximité ou de l’éloignement de l’antique, produites et pratiquées au fil des âges et dans les diverses traditions culturelles. Il faudra étudier les modalités de la comparaison antique/moderne ainsi que ses finalités (politique, esthétique, etc.) : à quoi sert de convoquer l’antique, au-delà de la finalité avouée d’ériger l’antique en modèle ou de le disqualifier comme caduc ? Il faudra aussi comparer ces positions théoriques entre elles, ce qui implique deux niveaux de comparaison :
1) étudier les modalités/finalités de la comparaison antique/moderne,
2) comparer ces cas théoriques entre eux.
En regard des réflexions théoriques, et pour évaluer leur impact sur la réalité des usages ou leur écart par rapport à eux, le séminaire considèrera aussi, dans la diachronie et jusqu’à l’époque contemporaine, les modalités de présence dans les oeuvres de la culture et des textes antiques : reconstitution/restauration, adaptation, transposition, etc. Les propositions de communications (20 minutes), en anglais ou en français, sont attendues sur :
1) Les sciences de l’antiquité, laboratoire du comparatisme
2) Ancien/Moderne et théorie du théâtre
3) Ancien/Moderne et théorie du récit (épopée, roman etc.)
4) L’Antiquité et ses usages (théorie et pratique) : écriture des femmes, études sur le genre, queer studies
5) L’Antiquité et ses usages (théorie et pratique) : études postcoloniales.