Liste des ateliers




LITTERATURE ET SCIENCES / LITERATURE AND SCIENCE

LE MOUVEMENT SYMBOLISTE ET LES MALADIES MENTALES

Je voudrais proposer un group de travail sour la forme de l'atelier sur le traitement des maladies mentales dans la littérature européenne à l'époque charnière entre le dix-neuvième et le vingtième siècle. Le mouvement symboliste de la fin du dix-neuvième siècle a produit une littérature et des oeuvres d'art dont les personnages principaux souffraient souvent de maladies mentales. A cet égard, “des Esseintes” dans le roman de J. K. Huysmans “A Rebour” est un bon exemple. C'est un esthète d'origine aristocratique qui dégènere, qui fait toutes sortes d'expérimentations psychologiques d'abord avec lui-même – ainsi l'isolement total dans le monde qu'il crée artificiellement – et puis avec les autres. Ou le roman “Le Petit démon” de l'écrivain russe Fedor Sologub dont le personnage principal, qui vit principalement dans sa tête, souffre de paranoia. On peut citer beaucoup d'autres oeuvres littéraires de la même époque dont les personnages principaux sont atteints de tels troubles. Dans la section ici proposée je voudrais que l'on examine les manifestations et les causes variées de la maladie mentale dans la littérature à la fin du dix-neuvième siècle et que l'on s'interroge sur la liaison de ces manifestations avec certains aspects du mouvement symboliste que l'on essaiera de déterminer, ce qui nous permettra de mieux définir la complexité de ce mouvement dans le cadre artistique et littéraire ainsi que sa contribution à la littérature en général et à la littérature comparée en particulier.

 

CONSCIOUSNESS AND THE BRAIN:

LITERATURE AND NEUROSCIENCE

As Chair of the ICLA Research Committee on Literature and Neuroscience (2012-2014) I am proposing a group seminar (with four sessions) of approximately eleven members for the second meeting of this committee at the 2013 ICLA Congress. The subject for this seminar will be the literary and neuroscientific investigation of what scientists have called “the hard problem of consciousness” in an effort to create cross-disciplinary exchange on this important subject. In the spirit of E.O. Wilson’s consilience and Michel Serres’ call to bridge the disciplines, we will aim to arrive at new hypotheses about this topic which cannot be envisaged in the isolation of the disciplines. Neuroscientists including Bernard Baars (a theatre model of consciousness) Daniel Dennett (multiple draft theory of serial progressions), Gerald Edelman (constantly changing neuronal fields) and Antonio Damasio (“adding a self process to the mind mix”) have presented varying cognitive theories of consciousness that attempt to demonstrate how a set of dynamic processes give rise to subjective experiences and the sense of selfhood. Neurophilosophers like John Searle and Patricia Churchland have attempted to redirect the study of consciousness away from the realm of philosophy to the scientific domain of neural correlates. But such investigations have realized that there is gap between the neural mechanisms and the mental events arising from them. This is where the humanities come in. Avant-garde literary writers have also explored, for their part, undiscovered regions of consciousness, with the French poet Apollinaire, for example, leading this“crusade” in the early part of the 20th century, and a series of other modernist writers exploring the topic of consciousness in different ways. With a comparative literature orientation, literary scholars can present scientists with pertinent, experiential literary material from a global range of sources that can be productively corroborated with current scientific findings about consciousness. Comparatists can offer a phenomenology of consciousness through their analyses of mental events that arise in works of literature, as demonstrated by characters or narrators in fiction and through the interpretations of the workings of the minds of selected authors. A group of prominent neuroscientists are already on board for this session, including Jean-Pierre Changeux, Paul Matthews and Robert Stickgold. Changeux will discuss his well-established approaches to conscious processing, showing how “external or internal pieces of information gain access to conscious processing through a central workspace in the brain.” Matthews will consider the clinical implications of such global processing in terms of pathological states such as comas or schizophrenia. Stickgold will discuss aspects of dream consciousness, and the transitions from unconscious to conscious processing. An additional neuroscientist will be recruited. A group of literary critics are also committed as participants, including Isabel Jaen-Portillo (paradigms of consciousness in Cervantes), Attilio Favorini (body-based context for consciousness in Beckett and other dramatists), Marina Grishakova (embedded multiple time orders in Nabokov), Oshima Hitoshi (mental states in Miyazawa Kenji and Shiga Naoya), and Suzanne Nalbantian ( dream consciousness in Modernism). Efforts will be made to draw in a few more international literary scholars dealing with models of consciousness. I envisage four interdisciplinary group sections, each with a combination of neuroscientists and comparatists in order to sustain an ongoing, direct dialogue.

 

LITERATURE AND MEDICINE

This seminar seeks to explore the intersection between literature and a “hard science” such as medicine. Proposals about any of the possible connections between these two fields are welcome. One area of inquiry could be the representation of medical practices and discoveries in literary texts and other cultural documents from all time periods and geographical areas. Another possible avenue for exploration is the use of literary reading practices for the analysis of medical documents such as case studies, medical treatises, etc. In a more general way, the purpose of this seminar is to reflect on the role of the comparative method in the emerging and gradually expanding field of humanities-based approaches to science.

 

SCIENCE ET LITTERATURE 1 : APPROCHES CRITIQUES

SCIENCE AND LITERATURE 1: CRITICAL APPROACHES

Institution partenaire organisatrice: ANR "Sciences et littératures", Université d'Arras

L’atelier « Sciences et littératures » se veut l’occasion de présenter les diverses options méthodologiques adoptées pour mener des recherches comparatistes portant sur l’analyse des rapports entre les sciences (sciences humaines ou sciences dites « dures ») et les littératures. S’inscrivant dans la lignée des travaux de Fernand Hallyn, de Gillian Beer, de Wolf Lepenies ou de Michel Pierssens notamment, il entend revenir sur l’idée de la séparation des sciences et des littératures ou sur la scission décrétée par Charles Percy Snow entre les deux « cultures ». Il pourra ainsi accueillir des études s’intéressant aux modalités d’insertion des sciences et des savoirs dans des textes littéraires ou aux modalités d’insertion d’oeuvres ou de pratiques littéraires dans les textes savants, proposer des analyses de la manière dont les sciences et les littératures ont pu se définir les unes par rapport aux autres et jouer un rôle important dans un champ culturel plus large, s’intéresser à l’évolution conjointe des critères de scientificité et de littérarité, mettre en évidence des passerelles thématiques ou poétiques entre les récits savants et les récits littéraires, s’interroger sur le rôle respectif qu’a pu jouer l’une des sphères sur l’évolution de l’autre, observer les manifestations, dans les textes, de la « séparation » de l’une et de l’autre et leurs présupposés, revenir enfin sur la possibilité et la nature d’une littérature savante. On pourra également s’interroger sur l’apport du comparatisme à l’étude des rapports sciences/littérature, en évoquant par exemple la possibilité de lectures croisées de textes littéraires et de « textes » scientifiques, dans une perspective rhétorique ou poétique (Claudine Cohen). A l’inverse, on pourra se demander en quoi l’étude des rapports sciences/littérature pourrait contribuer à renouveler le comparatisme, en contribuant par exemple à une épistémologie de la littérature. Enfin, dans le contexte actuel de la mondialisation, on pourra s’interroger sur la circulation des savoirs entre métropole et colonies ainsi que sur les effets de retour que les savoirs exportés vers les territoires coloniaux ont parfois eu sur l’évolution des savoirs et de l’imaginaire scientifique en métropole (ce que les études postcoloniales ont appelé « le retour des caravelles »). On pourra faire appel aux outils des études postcoloniales pour mettre en évidence les rapports entre savoirs et pouvoir, en se penchant sur les instances de légitimation du savoir et les déséquilibres que l’on peut constater entre les savoirs émanant de sociétés « modernes » (voire « postmodernes ») et celles qui n’ont eu accès qu’à une modernité fragmentaire, afin de voir comment ces différences s’inscrivent dans le texte littéraire. Dans le même esprit, on pourra interroger l’inscription littéraire des savoirs du point de vue du genre en se demandant quel apport les gender studies sont susceptibles d’apporter à l’étude des rapports sciences/ littérature.

The workshop "Science and Literatures I: Theoretical Approaches" will be the opportunity to present the theoretical and critical contributions of comparative studies devoted to the relationship between the sciences (Natural History and Biology, Chemistry, Medicine, Astronomy, Mathematics, Physics) and literature. Contributors will be asked to present their methodological tools, to emphasize the goals of their research and the value of the comparison between science and the literature, and to present theoretical propositions. Inscribed notably in the wake of the works of Fernand Hallyn, Gillian Beer, Wolf Lepenies or Michel Pierssens, the workshop is also the opportunity to revisit the idea of the separation between science and literature or the secession decreed by Charles Percy Snow between the two "cultures." It could thus welcome studies that analyze the modalities of insertion of the sciences or knowledge in literary texts or the modalities of insertion of literary works or practices in scientific texts; that propose analyses of the manner in which science and literature may have defined or delimited themselves one from the other and may have played a major role in a larger cultural field; that examine the linked evolution of the criteria for the specificities of science and literature; that focus on thematic or poetic bridges between scientific and literary narratives; that explore the respective role that one sphere may have played in the evolution of the other; that observe in the texts the manifestation of the "separation" of one from the other, as well as its presuppositions; that revisit, finally, the possibility and the nature of a scientific literature. The contribution of comparativism to the study of the relations science/literature could be explored by invoking, for example, the possibility of cross-readings of literary and scientific "texts" from a rhetorical or poetic point of view (Claudine Cohen.) Inversely, may be asked the question concerning the way in which the study of the relation science/literature could contribute to the renewal of comparativism, in delineating , for example, a literary epistemology. Finally, in the current context of globalization, the circulation of knowledge between the former colonizers and the colonies could be explored, as well as the feedback of the exported knowledge on the evolution of knowledge and the scientific imagination of the colonizers (what postcolonial studies have called " le retour des caravelles"/"the return of the ships.") Tools of postcolonial studies could be invoked in order to bring forth the relationship of knowledge to power, focusing on the legitimization of knowledge and the disequilibrium between knowledge emanating from so-called "modern" (if not "postdmodern") societies and societies that have had access only to a fragmentary modernity, in order to examine how these differences are inscribed in the literary text. In the same fashion, the literary inscription of knowledge from the perspective of gender could be examined by asking what contributions gender studies can bring to the relations science/literature.

 

SCIENCE ET LITTERATURE (2) XXE

XXIE SIECLES TRANSFERTS EPISTEMOLOGIQUES

Université partenaire organisatrice: Université de Poitiers

Ce champ de recherches ouvert dans les années 90 entre autres avec Savoirs à l'oeuvre de Michel Pierssens autour des littératures du XIXe siècle s'attache à décrire des convergences entre un état des savoirs et l'essor du roman au XIXe siècle notamment à partir de l'émergence de la thermodynamique. Quels questionnements nouveaux au regard des changements épistémiques qui ont émergé au XXe siècle? Comment penser aujourd'hui l'articulation entre discours savants et littérature? Cinq axes de réflexion possibles:
1. Atelier théorique:Quels questionnements communs pour la littérature et les champs épistémiques contemporains? Les grands partages qui définissent le champ littéraire (fiction/ non fiction, réalisme/ naturalisme/ symbolisme, partages génériques) relèvent-ils de cloisonnements rapportables à ceux des sciences -savoir expérimental/ modélisations, savoir expérimental/ savoir conjectural-? Quelles formes communes de l'histoire de la pensée permettent de définir ce que Foucault appelait une épistémè? En quoi la référence aux savoirs peut-elle porter un élargissement de la notion de représentation? Les sciences non expérimentales (des savoirs « fictionnels ») posent des questions spécifiques à la littérature. Quels types d'expérience de pensée peuvent porter la référence à des champs de connaissance variés (sciences humaines, sciences expérimentales)?
2. Nouveaux savoirs, nouveaux media et littératures:Littérature et sciences: alors que le modèle médical a porté toute une partie du champ romanesque du XIXe siècle, l'essor de la biologie moléculaire nous confronte à d'autres modèles de la vie de telle sorte que le XXIe siècle commençant a été décrit comme « biosiècle » On pourra réfléchir aussi à la manière dont les savoirs scientifiques, et en particulier ceux qui concernent la biologie, nous proposent une autre manière de penser la littérature. Quels modèles nous proposent-ils? Quelles articulations entre biopolitique, bioéthique et récits de fiction au sens large (littérature, cinéma)? Une réflexion sur littérature et autres arts sera bienvenue dans ce cadre.
3. Définitions et redéfinitions de paradigmesLa critique anglo-saxonne a relevé l'importance de la pensée de Darwin dans la littérature du XIXe siècle. Quels paradigmes savants sont aujourd'hui retravaillés dans le champ littéraire? Quels sont ceux qui semblent privilégiés? Oubliés? Quelle place pour de nouveaux domaines d'étude (littérature et droit, littérature et économie)? Par ailleurs, quel est l'ethos des énoncés littéraires sur divers champs du savoir? De la défiance à l'acquiescement, quelles évolutions historiques peut-on observer dans la, relation que le littéraire entretient aux discours savants? Peut-on observer des variations d'un champ épistémique à l'autre?
4. Paradigmes scientifiques et paradigmes poétiquesLes savoirs ne sont pas seulement des objets pour la littérature mais ils peuvent déterminer plus directement des modes d'écriture et de lecture, des poétiques, des approches du texte et de sa réception nouveaux. Par exemple, comment les technologies nouvelles (poésie électronique, holographie) permettent-elles de redéfinir des modes d'écriture (voire des poétiques) et de lecture originaux, et en quoi ces nouvelles modalités nous poussent-elles à repenser la notion de texte?
5. La littérature au miroir des sciences:Les discours savants nous invitent-ils à repenser la place de la littérature dans les pratiques sociales? Cet atelier s'interrogera sur les effets réflexifs des discours savants sur les pratiques littéraires. En quoi les objets et les discours formalisés dans des disciplines variées peuvent modeler nos approches du littéraire? Comment le travail de l'écrivain et le rôle du lecteur, leurs cadres de pensée sont-ils relus à la lumière d'énoncés savants ou des discours de vulgarisation sur l'état des savoirs contemporains? Comment l'émergence de nouveaux paradigmes méthodologiques et de nouveaux objets fait-elle bouger l'appréciation que l'écrivain, le lecteur, voire l'éditeur ont de leur expérience et/ou de leur travail?

 

LA LITTERATURE ET LE VIVANT

LITERATURE AND THE LIFE SCIENCES

La littérature comparée retrace ses origines à la volonté, au début du XIXe siècle, de confronter les textes et les traditions disparates et d'en faire la synthèse, tout comme Cuvier, fondateur de l'anatomie comparée, prétendait pouvoir déduire des "lois de coexistence" entre les parties de chaque animal de la confrontation d'espèces diverses. Ainsi, depuis le début, la littérature comparée est au moins implicitement, et de plus en plus explicitement, portée vers le dialogue avec d'autres disciplines. A travers le croisement du littéraire et du vivant, nous cherchons à élargir notre connaissance du fait littéraire, et également, sans nous poser en donneurs de leçons, nous voudrions savoir ce que les modalités de l'analyse littéraire pourront contribuer au développement de la pensée médicale, biologique, et évolutionniste.

Comparative literature traces its origins back to the early nineteenth-century impulse to bring together disparate texts and traditions in view of a higher synthesis, just as Georges Cuvier, the founder of comparative anatomy, at the same time sought to deduce "laws of coexistence" among the different parts of each animal, proceeding from the comparison of diverse species. Thus, from its inception, implicitly but more and more explicitly, comparative literature has always been drawn to a dialogue with other disciplines. An intersection of literature and life sciences will enable the members of this panel to extend their understanding of literary productions; we aim in addition, though not from a position of authority, to present analyses of medical, biological and evolutionary thinking from the point of view of literary forms.