Liste des ateliers




MONDIAL / GLOBAL

GLOBAL SHEN CONGWEN

This workshop “Global Shen Congwen” discusses issues in comparative literature, translation studies and reception studies, focusing on the translation and reception of Shen Congwen (considered by many Chinese scholars worthy of a Nobel prize) globally. Five participants from three continents will present at the workshop. Prof. Jeffrey Kinkley and Prof. Eugene Eoyang will focus on the translation aspect, comparing and discussing different translations of Shen Congwen’s work in the English language, especially his “Xiaoxiao” and “Border Town.” Prof. Hisayo Kojima, Prof. Isabelle Rabut, and Prof. Gang Zhou will each discuss the reception of Shen Congwen in Japan, France and the United States. All the presentations will address the following questions:1). What happens when Shen Congwen and his work become detached from their original home cultural context? Do translations and scholarly reception of Shen Congwen reveal to us a story of both detachment and attachment, as the translated and reimagined Shen Congwen becomes attached to a new host cultural context? How does the translated and reimagined Shen Congwen function in this newly found host cultural context?2). In what way can these foreign Shen Congwens engage dialogue with the study of Shen Congwen in mainland China, the original home context of the author? Is it possible to make a claim for a Global Shen Congwen that transcends both Shen Congwen as national literature and as translated world literature in other cultural contexts?3). While conventional studies of reception place great emphasis on tracing a clear lineage of the arrival and translations of a particular masterpiece or a canonical author, the recent development in translation studies and world literature calls upon a different kind of practice. Perhaps it is time for us to perceive the translation and scholarly reception of Shen Congwen as a form of “distant reading” that enables Shen Congwen to be redefined by both the original and the host cultural context, and therefore to be understood in refreshing ways. We may also argue that as Shen Congwen obtains his rebirth in a different host cultural context, his work gains fresh new meanings while shredding the old, and these different versions of Shen Congwen all deserve to be understood on their own terms.

 

LA NOTION DE DECENTREMENT

Nous nous proposons, dans le cadre d’un atelier s’inscrivant dans la perspective générale du congrès, de nous interroger sur la notion de Décentrement. Nous souhaitons observer la dynamique des processus de transformation : luttes, passages, transferts, frontières, concernant aussi bien les individus, les institutions que les oeuvres et les disciplines. Les hommes, comme le dit l’Introduction à la psychanalyse, ont subi au cours de leur histoire trois grandes humiliations : avec Copernic, la terre n'est plus le centre du monde, il leur faut renoncer à l’idée de lieu ; avec Darwin, l'homme n'est plus fils de l'homme, c'est-à-dire descendant d'Adam, mais le produit d'une simple évolution, il leur faut renoncer à la généalogie, à l’histoire ; avec Freud, la raison n'est plus maîtresse, le psychisme échappe, il leur faut renoncer à la toute-puissance. Si l’on en croit cette récapitulation incisive, l’histoire des hommes est celle de leurs décentrements successifs. Si le terme d’humiliation marque ces grandes étapes comme autant de revers endurés, les conséquences de ces changements d’optique ont été d’une importance décisive et les connaissances en ont chaque fois grandement bénéficié. Se mettre à la place de l’autre, voir avec ses yeux, c’est bouleverser les perspectives, découvrir d’autres modes d’approche, s’ouvrir à autrui et du coup avancer. Penser, c’est encore ôter le moi du centre, dissiper son image toujours envahissante et présomptueuse : humilier l’amour-propre, modifier la perspective qui nous place complaisamment au centre de notre propre monde, celui où nous prenons nos habitudes. L’objet que se donne la Littérature comparée, se fondant sur « un perpétuel principe d’inquiétude, de mise en question » (Michel Foucault, Les mots et les choses, 1966), produit un décentrement du sujet par rapport à ses propres références -le confrontant à l’étrangeté de la diversité culturelle-, par rapport à l’illusoire omniprésence et toute-puissance de sa conscience. Une telle attitude permet de relativiser la perception que l’on peut avoir d’une littérature nationale. Donner une voix à ceux qui n’en ont pas, permettre l’accès à la parole aux femmes, aux hommes de toutes les origines sociales ou ethniques, revient donc à penser un pluralisme littéraire qui s’efforce d’arracher à sa position confortable une production régie par des intellectuels assumant en quelque sorte de droit la fonction de communication. La notion de décentrement a été largement utilisée par les études post-coloniales, en montrant comment certaines puissances impérialistes ont considéré les pays annexés comme des satellites, dont les productions ne pouvaient constituer que la forme mineure de leur propre production. La séparation absurde entre littérature francophone et littérature AILC / ICLA 2013 – Mondial / Global - Page 2 sur 4française en conserve la trace manifeste. Les sociétés se définissent toujours comme des centres, affichant mérite, voire excellence, jouissant toujours de la supériorité d’une appartenance et méprisant ou ostracisant ce qui n’en est pas. Des oppositions naissent, qui se doublent d’un jugement de valeur, Nord/Sud, Capitale/Province, Premier Monde/Tiers Monde… La liste infinie des différences sous-entend toujours le couple domination/subordination. Toute enquête rigoureuse conduit l’enquêteur à quitter la situation confortable qui est la sienne pour accepter temporairement d’adopter un autre regard, par cette approche latérale, biaisée, détournée, oblique, mettant à mal les certitudes, se construit une véritable approche critique.
N.B. : Une revue intitulée Decenterment a été créée à la Faculté de Sousse, elle comporte un comité scientifique international et regroupe les articles de chercheurs autour de la notion de Décentrement ; l’atelier pourrait donc être animé par des universitaires déjà impliqués dans ce travail, il servirait ainsi de relais permettant d’aller à la rencontre d’autres comparatistes intéressés par la problématique.

 

UNE LITTERATURE GLOBALE, GLOBALISEE,

GLOBALISANTE, GLOBALISTE ?

Université partenaire organisatrice: Université de Lausanne (Centre de Recherche en Langues et Littératures Européennes Comparées -- CLE)

L’appel à communications pour le XXe congrès de l’AILC/ICLA mentionne « l’ère de la mondialisation », où nous sommes ; dans le texte anglais de l’appel : « globalization ». La question de savoir si les deux mots, « mondialisation » et « globalization », sont équivalents, intéresse le comparatiste. S’ils le sont, si l’un traduit l’autre sans reste, s’ils désignent chacun dans sa langue la même chose et peuvent se remplacer par la même définition, la comparaison cesse et les deux reviennent à un seul, c’est-à-dire, inéluctablement, à l’anglais institué comme la langue unique du globe. La globalisation est-elle un processus d’unification et de standardisation ? Si oui, une littérature « globalisée » exclurait l’idée de comparaison, puisque tous les écrivains, écrivant en anglais, rendraient compte d’un monde unique, de ses réalités, de ses rêves, etc. et d’un « global man ». Mais, compris comme terme d’économie, « globalisation » ne signifie pas seulement unification. Il signifie même le contraire s’il est compris comme une généralisation de la concurrence, et donc des luttes et des différences. D’un point de vue culturel et médiologique, il désigne surtout le caractère instantané et total de la communication des informations (WikiLeaks, Wikipedia, seraient des exemples de médias globalisés). Enfin, comme le fait entendre le suffixe, « globalisation » ou « mondialisation » indiquent un processus, plus qu’une doctrine ou un système, que désignerait un terme en « -isme ». Il y a un altermondialisme (l’allemand dit « Altermondialismus » ou « andere Globalisierung »), mais le mot « mondialisme » ne se dit pas, comme si personne ne faisait ou voulait la mondialisation. Il est vrai que, par définition, nous la faisons tous. Mais c’est aussi, peut-être, que l’« isme » correspondant à « mondialisation » serait « libéralisme ». Mais alors, on échange un terme qui ne se traduit pas et se comprend presque comme un nom déposé et protégé (« globalization »), contre un terme éminemment traduisible et contenant des interprétations contradictoires. De quel libéralisme la globalisation serait-elle le véhicule ? Quelles libertés ou quelle sorte de liberté garantit-elle ? Une littérature globalisée, ou globale, serait la littérature de, ou pour, l’individu libre : libre d’entreprendre, libre de s’informer, de choisir, de désirer, de vouloir, etc. Si cette littérature existe (une littérature mondialisée-libérale), les problèmes qu’elle pose au chercheur ne sont pas ceux de la littérature générale (l’intitulé français de la discipline est : littérature générale et comparée), ni ceux de la littérature universelle, de la « Weltliteratur » (mot formé par Goethe), des « littératures étrangères » (dans le global, « l’étranger » n’existe plus) ou de la « littérature-monde » (Pour une littérature-monde est le titre d’un manifeste français publié en 2007). En tout cas, ces problèmes sont, d’emblée, comparatistes, car « libre » (ou « libéral », « libéralisme ») se comprend dans plus d’un sens : quelle sorte de « libre auteur » écrit cette littérature ? Pour quel « libre lecteur » ? Ou, de ce point de vue global-libéral, la distinction de l’auteur et du lecteur ne tient-elle plus ? Quels thèmes globaux-libéraux la caractérisent-ils : à la fois économiques-écologiques, et « individualistes », ou plus exactement : thèmes globaux traités et compris toujours du point de vue de l’individu ? Quel est le mode de diffusion (le support) et d’évaluation de cette littérature ? Quelles en sont les valeurs ? Les formules par lesquelles l’Académie suédoise jusitifient chaque année l’attribution du Prix Nobel de littérature (ces dernières années : à Orhan Pamuk, Doris Lessing, Le Clézio, Herta Müller, Vargas Llosa, Tranströmer) sont peut-être un indicateur exemplaire de ces valeurs : elles mettent ensemble, presque systématiquement, le politique (le social) et l’individuel, par exemple, pour Mario Vargas Llosa en 2010 : (prix attribué) « pour sa cartographie des structures du pouvoir et ses images aiguës de la résistance individuelle ». Sachant que, pour le prix 2011, le chanteur Bob Dylan était en tête des pronostics, on pourrait se demander, si l’on faisait l’hypothèse que l’institution « Prix Nobel » représente la littérature globale sur laquelle nous voulons réfléchir, quel rapport elle entretient avec la « contre-culture », la « para-littérature », la « littérature populaire ». Ces catégories sont, éventuellement, enveloppées ou écrasées sous le concept de littérature globale, qui comprendrait aussi bien la poésie du Suédois Tomas Tranströmer (dont la poésie a été diffusée dans le monde par la traduction anglaise qu’en a donnée le poète américain Robert Bly) que Millénium ou Harry Potter. Mais, si une telle littérature globale est à ce point « englobante », comment se représenter une littérature « alter-globalisée », ou « contre-globalisée » ? L’adjectif « global », en tout cas, appliquée à la littérature et à la recherche en littérature, pourrait permettre de repenser l’opération même de la comparaison, et les catégories du général (« littérature générale ») et de l’universel.

 

LA NOUVELLE VAGUE DE LITTERATURE MONDIALE

Forme: Table ronde avec des discours de motivation
Cet atelier servira à discuter le potentiel dynamique du terme «littérature mondiale», qui comporte bien sûr soit une aura classique soit une gamme importante d’interprétations. Mais l’aspect central sera dédié aux développements pratiques et théoriques au sein de la littérature et de la philologie depuis l’an 2000. L’exégèse du concept Goethéen qui est désormais bien avancé et largement différencié sera, en tant que discours traditionnel, contrasté aux actualités de la discussion en cours. Seront proposés quatre thèmes principaux pour la table ronde :
1. Le débat terminologique: Comment est-ce qu’on définit le phénomène d’une littérature vraiment internationale, même universelle, dans l’horizon linguistique ou lexicologique d’une littérature comparée répandue presque partout dans le monde, et quelles significations est-ce que la «Weltliteratur» et ses homologues ont développé dans les cultures des langues différentes? Il faudrait, à titre d’exemple, réfléchir sur la différence remarquable entre les termes «Weltliteratur» et «world literature», notamment dans l’organisation de l’enseignement supérieur aux pays germanophones et anglophones.
2. «Littérature mondiale» comme notion éminemment politique: Elle signifie une sélection et, du coup, une évaluation, qui peut conduire à l’hégémonie d’une culture aussi bien qu’à une libération post-coloniale. Le concept est donc l’objet de conflits à connotations fort idéologiques.
3. «Littérature mondiale» comme objet de principes économiques: Dans cette perspective, elle est une marchandise offerte à la majorité des lecteurs internationaux par le presque-monopoliste Amazon (par exemple) de sorte qu’elle devient principalement une littérature d’une source unique pour le monde entier. Là il faudrait bien tenir compte de l'orientation aux clients au sein de la structure du groupe commercial qui se caractérise par le biais de catégories nationales ou culturelles.
4. Le droit de la «littérature mondiale» sur internet: L’instrument de communication hybride qu’est l'internet combine de multiples possibilités de produire ou transmettre des informations, de sorte qu’une nouvelle acception de «littérature mondiale» s’impose. Dans le contexte du livre comme quantité stockable de données communicables sous forme numérique, la littérature est de plus en plus perçue dans la perspective du droit d'auteur et comme objet de considérations d’ordre juridique. Ce procès conduit à un nouvel ordre «numérisé» des connaissances par principes légales qui porte sur les collections littéraires (tels que Google Books ou leprojet Gutenberg).

 

LITTERATURE (COMPAREE) ENTRE MONDIALISATION

ET GLOBALISATION

Au cours des dernières décennies, la littérature et avec elle les études littéraires ne se sont pas seulement internationalisées mais il y a eu aussi le constat ou la revendication d’une propre « mondialité » des littératures d’une langue, comme en témoignent pour la littérature française le manifeste « Pour une littérature-monde » de 2007 ou « French global. A New Approach to Literary History » de 2010. Outre les conceptions de la « littérature en mouvement », du « regard postcolonial », du « contexto universal » ou de l’«hybridisme culturel » vient de s’établir progressivement la notion géopolitique et anthropologique de la « globalisation » qui porte aussi bien sur la relation dynamique entre centres et périphéries culturels que sur les transformations des structures du savoir qui amènent un élargissement considérable de la notion même du « monde ». D’un côté, le séminaire que nous proposons pour le XXVe Congrès de l’AILC poursuit l’objectif d’examiner la « mondialité » ou la « globalité » de la littérature en partant des littératures franco- et hispanophones. Il s’agira notamment de s’interroger sur les conséquences que comportent les notions de la mondialisation et/ou la globalisation en vue des méthodes théoriques de l’approche comparatiste. De l’autre côté, en comparant la littérature contemporaine avec celle de la « globalisation terrestre » du XVIe et XVIIe siècles (l’ère des découvertes), le séminaire se propose délibérément d’historiciser la perspective pour mieux pouvoir dégager la validité et les limites des approches, réflexions et discussions théoriques actuelles.