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Séminaire : « Le Comparatisme comme approche critique ? » (2014-2016)

DESCRIPTION

Le séminaire se veut un prolongement de la réflexion entamée lors du Congrès de juillet 2013, aussi bien dans les conférences plénières que dans les différentes sessions, autour de la question qui constituait l’axe organisateur du congrès : « le comparatisme comme approche critique ? ».

L’objectif du séminaire est de réfléchir aux évolutions de la discipline, de sa nature, de ses enjeux, de sa démarche et de ses méthodes aujourd’hui, dans notre contexte historique spécifique et à l’ère de la mondialisation et des nouvelles technologies, en réunissant les comparatistes qui, dans le monde entier, contribuent à ces évolutions, en débattent et en font l’objet de leur recherche. Le séminaire entend également d’approfondir le dialogue, entamé lors du congrès, avec d’autres disciplines qui, sans être littéraires, ont aussi recours à la comparaison et à une démarche comparative : droit, sciences, etc. Lieu d’échanges et de débats, voire de confrontation de positions pas forcément convergentes, le séminaire est ouvert à tous ceux qu’intéresse la réflexion sur la nature, le statut et les enjeux du comparatisme, en littérature et dans d’autres disciplines.

Dans ce contexte, on pourra explorer, parmi d’autres, les directions suivantes (la liste n’est, évidemment pas exhaustive) :

 

L’évolution de la « définition » (ou de « l’indéfinition ») de la discipline, en mettant l’accent sur la perspective historique ou sur la situation présente :

Comment pensons-nous aujourd’hui la nature du geste comparatiste ? Quel(s) rôle(s) pour l’approche comparatiste du littéraire et des arts dans notre monde contemporain ? Comment cette nature et ce(s) rôle(s) ont-ils évolué ?

Même si en littérature la discipline comparatiste trouve historiquement son origine (dès le Romantisme allemand) dans un désir et une volonté de dépasser les nationalismes littéraires, ce « dépassement » a longtemps pris la forme d’un binarisme, remis en question à partir du dernier tiers du XXe siècle, en particulier par les développements dans la pensée de l’histoire (histoire globale – world history –, études subalternistes – subaltern studies) et des transferts culturels. Comment répondons-nous aujourd’hui à la question : « qu’est-ce qu’est (ou n’est pas) la littérature comparée ? »

 

L’évolution de ce que « comparer » veut dire :

Comment pense-t-on la mise en relation entre deux ou plusieurs objets – par juxtaposition, association, parallélisme, confrontation, différenciation ? Quels types de relations ont été et sont privilégiés – par tel ou tel critique réfléchissant à la notion de « comparaison » mais aussi, à une échelle plus large, nationale ou transnationale (selon les lieux et les époques, la pratique de la littérature comparée n’implique pas la même idée des opérations de « comparaison ») ? Comment sont pensées aujourd’hui, en fonction des différentes traditions historiques et culturelles, les opérations de la « comparaison » ? Quels types de relations sont considérés comme légitimes et pertinents et quels types sont considérés comme ne l’étant pas ?

 

L’évolution des enjeux de la discipline tels qu’ils sont modifiés par les phénomènes de mondialisation :

Quel sens a la notion de « littérature comparée » à l’âge de la mondialisation ? Quels sont ses enjeux ? Quelles relations entretiennent « littérature comparée » et « littérature mondiale » ? La première se dissout-elle dans la seconde ? Les objets de la premières coïncident-ils avec la seconde ? Les débats sont vifs : si nombreux sont les ouvrages qui, à la suite de David Damrosch (What is World Literature ?), affirment « la littérature mondiale », le dernier livre d’Emily Apter s’intitule Against World Literature, et nombreux sont les travaux qui mettent en avant « les littératures mondiales » plutôt que « la littérature mondiale ». Les questions en jeu dans le débat sur la ou les « littérature(s) mondiale(s) » sont aussi des questions de traduction (la littérature mondiale est, dans bien des cas, la part traduite de l’ensemble des littératures), de traductibilité et d’intraductibilité – problématiques évidemment cruciales pour les comparatistes.

 

- L’évolution des enjeux et de la démarche comparatistes à l’époque des nouvelles technologies :

Le développement du numérique et de l’internet a affecté, dans les dernières décennies, la création littéraire et artistique et entraîné de nouveaux modes de distribution, de circulation et de lecture. Parallèlement, les modes de conservation du livre évoluent (bibliothèques numériques, par exemple). En conséquence, les concepts de la critique – tout particulièrement dans notre contexte les concepts de la critique comparatiste – sont à repenser (les notions d’intertextualité et la notion d’auteur n’ont plus le même sens à l’âge du numérique qu’il y a cinquante ans).

 

- Les relations qu’entretiennent (ou pas) la démarche comparatiste en littérature et la démarche comparatiste dans d’autres domaines et disciplines (droit comparé, sciences…) :

Lors du Congrès de juillet 2013, Jean-Paul Costa, ancien Président de la Cour européenne des droits de l’homme, avait proposé une conférence sur la « méthode comparatiste en droit » et Jean-Pierre Changeux avait présenté « une théorie neurobiologique de l’expérience esthétique » (les deux conférences sont en ligne, sous l’onglet « Visionner les conférences plénières »). Il s’agit de prolonger les interrogations sur le comparatisme dans d’autres champs d’étude et disciplines que la littérature.

 

Sauf indication contraire, le séminaire a lieu  le vendredi à la Maison de la recherche de Paris-Sorbonne (28 rue Serpente, 75006 Paris)

Les séances du séminaire sont en ligne sur canal-u: 

www.canal-u.tv/producteurs/universite_paris_sorbonne/collection_1

PROGRAMME DU SECOND SEMESTRE 2013-2014 :

-   Vendredi 21 mars, salle D421, 10h-12h : 

Bernard Franco (Université Paris Sorbonne) : « Le comparatisme comme humanisme moderne »

-  Vendredi 2 mai, salle D421, 10h-12h:

Manfred Schmeling (Universität des Saarlandes) : « Entre “transfert” et “comparaison” : réflexions sur un problème méthodique de la littérature comparée »

- Vendredi 20 juin, salle D323, 10h-12h :

Ute Heidmann (Université de Lausanne) : « Pour un comparatisme différentiel »

 

PROGRAMME DE L'ANNEE UNIVERSITAIRE 2014-2015:


- Vendredi 17 octobre: 10h30-12h, salle D323 (Maison de la recherche)

Jean-Frédéric Schaub (EHESS):  « La comparaison des historiens » 

 

 - Jeudi 20 novembre, 11h-12h30, salle D421

Emily Apter (New York University): « Not translated, Non- Equivalent, Incommensurate: Rethinking the Units of Comparison in Comparative Literature »

 

- Vendredi 16 janvier, 10h30-12h, salle D323

Haun Saussy (The University of Chicago) : « La lecture, pratique dissidente »

 

- Vendredi 13 février, 10h30-12h, salle D323

Ning Wang (Tsinghua University): « Modern Chinese Literature in the Context of World Literature »

 

- Vendredi 10 avril,  10h30-12h, D323

Véronique Gély (Paris-Sorbonne): « Antiquité/ Modernité : un laboratoire pour le comparatisme »

 

- Vendredi 29 mai, 10h30-12h, D323

Milad Doueihi (Université Laval, Québec) : « Comparer à l’ère du calcul »